Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.
Albert Einstein

GESTION DU PARASITISME

Aujourd'hui, la conduite classique consiste à appliquer des traitements systématiques selon un calendrier défini à l'avance avec des vermicides chimiques. Cette pratique est actuellement remise en question par une partie de la communauté scientifique, et bien sûr depuis longtemps par le monde de la Bio ...
Ainsi, une nouvelle approche de la gestion du parasitisme se justifient essentiellement par deux aspects :

  • D'une part, par la question de la réelle nécessité de tous ces traitements face à l'impact sanitaire et écologique de certaines molécules.
  • D'autre part, par les phénomènes de résistances multiples aux anthelminthiques avec l'apparition de situations extrêmes et sans solution comme c'est déjà le cas en Australie et en Nouvelle Zélande notamment.

Cependant, l'arrêt des traitements sans protocole de surveillance régulier n'est pas une pratique à recommander car la situation peut se dégrader rapidement à la défaveur des animaux notamment chez les petits ruminants et les chevaux.

La mise en place d'interventions raisonnées doit s'inscrire dans une démarche holistique qui s'attache à maintenir l'équilibre de la cohabitation hôte / parasite. Pour cela il convient de privilégier deux objectifs :

  • Favoriser l'immunité du troupeau
  • Entretenir une pression parasitaire acceptable, c'est à dire des populations de parasites avec de la diversité et en nombre raisonnable ...

Au départ, cette approche peut demander un suivi rigoureux et une analyse de chaque situation afin de déterminer la conduite la plus adaptée pour rétablir un équilibre sur cet écosystème trop souvent agressé ...

Pour en savoir plus ...

Vous pouvez demander conseil à un vétérinaire sensibilisé à cette approche du parasitisme.
Des journées de formation sont régulièrement organisées sur ce sujet par divers intervenants.


    les différents traitements anthelminthiques

    les traitements chimiques
    Ils sont en général tous vermicides.
    Il existe seulement trois classes de molécules agissant selon un mode d'action différent. Les résistances les plus importantes concernent les familles de molécules les plus anciennes, mais le phénomène tant à s'étendre de façon inquiétante aux molécules les plus récentes ...
    Par ailleurs certaines d'entre elles (dont l'ivermectine, interdite par le cahier des charges Nature et Progrès) présentent une importante toxicité pour l'environnement.

    Les traitements à base de plantes ou d'huiles essentielles
    Ils sont plutôt vermifuges.
    Ils ne peuvent donc pas être employés en cas d'infestation trop importante et lorsque les animaux sont trop affaiblis.
    L'efficacité vermifuges de certaines plantes sauvages riches en tanins et/ou aux vertues médicinales n'est maintenant plus à prouver. A titre indicatif, quelques exemples de spécimens présentes dans les prairies naturelles et les talus bretons : chêne, noisetier, ronce, lotier, souci, chénopode, moutarde, ortie, valériane ... Ces substances naturelles, rapidement biodégradées n'induiraient pas de phénomènes de résistances mais elles nécessitent des apports réguliers pour être efficaces.


    Références bibliographiques :

    (1) Gestion du risque parasitaire et l'usage de traitements naturopathiques face aux enjeux de santé animale et de maitrise d'impact sur l'entomofaune, Y. Cornille (2009) séminaire de l'association française de pastoralisme.
    (2) Nouvelles perspectives de contrôle des helminthoses, H. Hoste et C. Chartier (2002) le point vétérinaire, numéro spécial pathologie ovine et caprine.
    (3) Bonnes pratiques de parasitologie, réflexion collective éditée par mérial (et oui tout arrive ?! ...)

    pour finir, à méditer :
    La science réductionniste ne se soucie que des nuisibles et non de leur écologie. La solution qui convienne à la fois à cette science et à l'industrie des pesticides est la production et la vente de poisons pour éliminer les nuisibles. De même que les mineurs et les défricheurs qui ont envahi l'Ouest américain, pensaient qu'un bon indien est un idien mort, une compagnie de pesticides affirma dans une publicité à la télévision "un bon cafard est un cafard mort !".
    Vandana Shiva